«Pour les responsables de ces ALE, la régionalisation est une opportunité de repenser la politique de l’emploi en Wallonie. Et les ALE en sont un outil qui a fait ses preuves. Mais leur plus grande crainte aujourd’hui et demain est d’assister à la mise à mort de ces ALE. Doit-on craindre leur disparition? » s’inquiète Caroline Cassart, députée wallonne MR.

Le choix du privé ou du public

Le ministre wallon de l’Emploi André Antoine (cdH) vient d’apporter une réponse à la question. Une réponse partielle, puisque le gouvernement wallon n’a pas encore pu arrêter de décision dans ce dossier.

« Mais les deux options en débat envisagent l’une et l’autre le maintien d’une structure reprenant les moyens humains et financiers dévolus aux ALE», commence André Antoine.

Mais il y a deux catégories d’agences locales pour l’emploi: les ALE qui travaillent avec des demandeurs d’emploi et les ALE qui ont mis en place un dispositif commercial pour gérer des titres-services et qui emploient des travailleurs sous contrat.

«Dans le cadre de la régionalisation, explique le ministre wallon de l’Emploi, ces dernières deviennent complètement indépendantes du dispositif ALE. Les agents de l’Onem détachés qu’elles emploient peuvent choisir d’intégrer totalement la structure privée. Ils renoncent ainsi à leur statut public. Ils peuvent aussi choisir d’être affectés à l’ALE et conserver leur statut public».

Qui va gérer les ALE ?

Quant à savoir quel service va gérer la matière «ALE» une fois qu’elle aura été transférée, le débat n’est pas clos. Ce sera soit l’administration wallonne (la DGO6, Direction générale opérationnelle de l’économie et de l’emploi), soit le Forem.

Ou, plus exactement, les deux mais en cogestion: au Forem la gestion de l’accompagnement, de la formation et la mise à l’emploi ainsi que le marché des chèques ALE, et l’administration wallonne pour la réglementation, l’agrément et le contrôle des agences.

«L’idée en débat actuellement porte donc sur le choix de l’administration qui gérera ou cogérera le dispositif et aussi sur l’évolution du service proposé par rapport à ce qui existe déjà en Wallonie. Comme les Maisons de l’emploi, les agences de développement local, etc.» précise encore le ministre Antoine.

Les décisions devraient être prises rapidement. Le gouvernement wallon ne peut de toute façon pas se permettre de prendre tout son temps, vu les échéances.

Pascale Serret (L'Avenir)